Penser à ajouter un atelier avicole sur une exploitation laitière peut sembler ambitieux. Pourtant, la ferme de Pierre et Audrey en Mayenne montre que c’est possible. Leur histoire livre des pistes concrètes pour diversifier vos revenus tout en gardant un système cohérent.
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Pourquoi envisager la diversification avicole ?
Vous cherchez à sécuriser vos revenus et à mieux valoriser vos surfaces ? L’aviculture peut compléter la production laitière. Chez les Besançon, un tiers du revenu vient des bovins, un tiers du méthaniseur et un tiers des volailles. C’est un modèle de répartition qui stabilise le foyer financier.
Les 165 ha de l’exploitation servent à produire des céréales — blé, orge, maïs — et alimentent aussi les pâtures. Ces surfaces donnent un support alimentaire et technique aux trois ateliers. C’est un vrai point fort pour qui veut limiter les achats et garder la maîtrise des coûts.
Comment ils ont construit l’atelier avicole
Le démarrage s’est fait progressivement. Ils disposaient déjà d’un bâtiment de 600 m². Ensuite, ils ont construit un premier hangar de 1 500 m² en 2009 puis un second en 2012. Cette montée en puissance a permis d’adapter l’organisation au travail et aux exigences sanitaires.
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Au départ, les bâtiments étaient chauffés pour valoriser la chaleur lors du démarrage des poussins. Puis, pour réduire les risques sanitaires, ils sont passés au système « tout vide tout plein ». Aujourd’hui, il faut un appoint en gaz au démarrage des lots et une gestion fine de la température pour les premiers jours.
Investissements indispensables et aides
Avant d’y aller, calculez vos besoins en béton, ventilation, alimentation et abreuvoirs. Leur groupement, Huttepain Aliments, a financé 17 €/m² pour le bétonnage des sols. Ce type d’aide peut être décisif si vous devez rénover pour produire des poulets lourds.
Ils ont aussi investi dans un silo pour les granulés de paille. La paille granulée réduit les pododermatites. C’est un critère demandé par les abattoirs. Obtenir la prime « pododermatites » couvre une partie de la litière et une partie de l’investissement.
Côté machine, Audrey et Pierre ont équipé la ferme d’un robot de traite. Le premier était de marque Fullwood. Il a été remplacé par un robot Lely en 2019. L’automatisation a surtout permis de réduire le temps de travail et d’améliorer la qualité de vie.
Bien-être animal et organisation du bâtiment
Le confort des volailles devient un atout commercial. Ils ont ajouté des perchages, des fenêtres pour plus de lumière naturelle et des points d’alimentation et d’abreuvement supplémentaires. Dans le bâtiment le plus ancien, une ligne de pipettes et une quatrième ligne d’assiettes ont été installées.
La lumière naturelle est bénéfique. Mais il faut gérer les vagues de chaleur pour que les animaux ne souffrent pas. Les lignes d’alimentation et les pipettes relevées électriquement facilitent aussi le travail de nettoyage et le curage des bâtiments.
Quelles productions et quelles marges attendre ?
Selon les choix d’abbattage, vos lots peuvent varier. Sur leur ferme, il est possible de produire :
- poulets « du quotidien » : 1,9 kg en 31 jours ;
- poulets alourdis : 2,2 kg en 36 jours ;
- poulets lourds : 3,3 kg en 42 jours.
Sur la partie économique, Audrey se situe désormais dans le tiers supérieur du groupement. Sa marge PA (poussin + aliment) atteint 15 à 18 €/m². En 2015, elle était plutôt autour de 9 €/m². L’amélioration vient de la technique, de la gestion du bâtiment et des contrats en filière.
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Contrats, filières et sécurité du revenu
Travailler en filière apporte une vraie sécurité. Leur contrat « trois points » couvre l’achat des poussins, l’aliment et la reprise du vif. Cela sécurise les approvisionnements et limite les aléas de prix. Vous gagnerez en visibilité dans vos plans de trésorerie.
Reste la question des prix. Les éleveurs demandent souvent une revalorisation face à l’inflation. Mais la filière permet aussi d’accéder à des primes et à des aides qui amortissent les investissements lourds.
Conseils pratiques si vous envisagez l’installation
- Évaluez vos surfaces et vos matières premières. Le maïs, le blé et l’orge peuvent soutenir la filière.
- Prévoyez des bâtiments modulaires et adaptés au système « tout vide tout plein » pour limiter les risques.
- Investissez dans la litière (paille granulée) si vous visez des labels ou des abattoirs exigeants.
- Anticipez les besoins en main-d’œuvre et pensez à l’automatisation pour réduire la charge.
- Renseignez-vous sur les aides locales et le soutien de votre groupement d’alimentation.
Installer un atelier avicole sur une exploitation laitière demande du temps et de l’investissement. Mais la combinaison bovins, méthaniseur et volailles peut stabiliser durablement vos revenus. Si vous voulez, vous pouvez vous appuyer sur l’exemple de Pierre et Audrey pour construire un projet réaliste et rentable.


